MORS
La connaissance du statut vital après hospitalisation est une donnée absente des entrepôts de données de santé limitant la faisabilité de certaines études. C'est pour répondre à cet enjeu que le projet MORS a été lancé. La Base Nationale des Décès, publiée par l’INSEE, recense tous les décès en France mais ne comporte aucun identifiant unique partagé avec les EDS. Le rapprochement entre les deux bases est donc un enjeu technique et méthodologique majeur afin de permettre d’améliorer la qualité des informations du statut vital dans les entrepôts de données de santé. Pour cela, un premier outil a été développé par le CHU de Nantes, le projet MORS propose d'en faciliter sa réutilisation à la communauté des entrepôts.
Principaux résultats du projet
Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?
Quand un patient quitte l’hôpital ou réalise des soins en ville, les entrepôts de données de santé de l’hôpital qui l’a pris en charge ne dispose plus d’information : rien n’indique s’il est toujours vivant depuis sa dernière visite. Cette information, appelée statut vital, est pourtant essentielle pour de nombreuses études de recherche en santé.
En France, l’INSEE publie la Base Nationale des Décès, qui recense l’ensemble des décès survenus sur le territoire. Mais cette base ne partage aucun identifiant commun avec les entrepôts de données hospitaliers, ce qui rend leur rapprochement difficile. L’objectif du projet MORS est de reprendre un algorithme déjà développé et publié par des membres du réseau, de l’améliorer, et de le transformer en un outil facilement réutilisable par l’ensemble de la communauté des entrepôts de données de santé.
Comment l’étude a-t-elle été menée ?
Le projet MORS reprend cet algorithme pour le repackager en langage Python avec la bibliothèque Polars, un outil de traitement de données massives plus rapide et moins gourmand en ressources informatiques que les solutions habituelles pour combiné intérêt scientifique avec sobriété énergétique et performance.
Quels sont les principaux résultats ?
Tous centres confondus, l’algorithme s’est révélé nettement plus performant que la méthode de référence : sa sensibilité était supérieure de 11 % (93,3 % contre 82,7 %), tout en conservant une spécificité supérieure à 98 % dans tous les cas de figure.
Le projet MORS permet de disposer d’un outil fiable, rapide à exécuter et plus simple à déployer par d’autres établissements, grâce à un fichier de configuration permettant d’ajuster finement les critères d’appariement.
Pourquoi ces résultats sont-ils importants ?
Ces résultats confirment qu’un rapprochement automatisé et fiable entre les entrepôts de données hospitaliers et la Base Nationale des Décès est possible à grande échelle. En transformant cet algorithme en un outil packagé et documenté, MORS permet désormais à l’ensemble des entrepôts de données de santé — pas seulement ceux ayant participé à l’étude initiale — d’améliorer la qualité de l’information sur le statut vital de leurs patients, au bénéfice de la fiabilité des études de recherche menées à partir de ces données.
Les limites de l’étude
En résumé
MORS s’appuie sur un algorithme de rapprochement déjà validé scientifiquement — avec une sensibilité 11 % supérieure à une méthode simple, pour une spécificité supérieure à 98 % — afin d’en faire un outil performant, économe en ressources et facilement réutilisable, au bénéfice de l’ensemble de la communauté des entrepôts de données de santé.
Pour en savoir plus : Linking Biomedical Data Warehouse Records With the National Mortality Database in France: Large-scale Matching Algorithm