Retour sur la première journée interrégionale des référents simulation des instituts et centres de formation paramédicaux

Le 4 juillet dernier s’est tenue à Rennes la première journée interrégionale réunissant les référents simulation des instituts de formation paramédicaux des membres du GCS HUGO. Cette rencontre, fruit de plusieurs mois de travail collaboratif, a mis en lumière l’engagement collectif autour de la simulation en santé.

Julie Courpron, Directrice Déléguée du Pôle Santé Publique du CHU de Rennes, a ouvert la journée en saluant la dynamique portée par le GCS HUGO, acteur structurant dans le domaine de la recherche et de l’innovation en simulation. Elle a rappelé les nombreux bénéfices de cette approche, tant en formation initiale qu’en formation continue, et souligné les synergies qu’elle permet entre professions et spécialités.

Le Pr Corinne Lejus-Bourdeau, coordinatrice médicale du réseau SimHUGO, a retracé l’évolution de ce premier réseau français de simulation en santé, créé en 2012. Elle a rappelé les objectifs stratégiques du réseau : structurer et valoriser les initiatives existantes, développer des programmes interrégionaux, renforcer les liens avec les agences régionales de santé, participer à la montée en compétences des formateurs, et promouvoir la recherche en simulation.

La création d’un groupe dédié aux centres de formation paramédicaux découle d’un simple constat: ces structures évoluent parfois de façon isolée des centres médicaux, d’où l’importance d’un maillage interrégional cohérent et pluri professionnel.

Jean-Denis Aubry, coordonnateur du groupe de travail, a présenté les trois axes majeurs sur lesquels les équipes ont engagé leur réflexion :

  • Axe 1 : Construire et évaluer un programme de formation par simulation, piloté par Axelle Chavanon (CHU Angers)
  • Axe 2 : Formation des formateurs et développement des compétences, coordonné par Anne-Sophie Trégaro (CHU Tours)
  • Axe 3 : Réflexion sur l’équipement en simulation dans les instituts, porté par Guénolé Tanguy (CHU Brest)

La matinée a été consacrée à des ateliers thématiques par axe, suivis d’un temps de mise en commun en plénière l’après-midi.

Le projet vise à sensibiliser les futurs professionnels de santé aux interruptions de tâche et à leurs impacts sur la sécurité des soins. Un scénario pédagogique a été imaginé autour de la préparation de piluliers, incluant deux interruptions simulées (appels téléphoniques et intervention de proches).

Le public cible identifié : les étudiants infirmiers de 3e année (semestre 5), avec un volume de 150 à 200 volontaires pour participer à cette session. Les objectifs pédagogiques visent à :

  • Assurer l’administration sécurisée des soins,
  • Savoir reconnaître et gérer les situations à risque,
  • Adopter des attitudes sécuritaires en situation professionnelle.

Un questionnaire diffusé auprès des formateurs des IFSI de l’interrégion révèle que 77,7 % (sur 104 réponses) d’entre eux expriment un besoin de formation complémentaire, tant sur les aspects pédagogiques (débriefing, facteurs humains) que techniques (gestion du matériel, scénarisation).

Les propositions issues de cette enquête sont ambitieuses :

  • Création d’une communauté de pratiques  avec échanges inter-centres,
  • Organisation de temps d’échange centrés sur les débriefings difficiles,
  • Mise en place d’un portfolio d’autoévaluation pour accompagner la montée en compétences,
  • Partage d’une banque de scénarios interrégionale,
  • Création d’un comité pédagogique interfilière, basé sur les recommandations de la Sofrasims.

Une enquête a été diffusée auprès des 7 IFPS pour dresser un état des lieux des ressources humaines et matérielles dédiées à la simulation dans les instituts de formation paramédicaux de l’interrégion.

Les premiers retours montrent des profils de techniciens très variés : audiovisuel, IDE, IADE, formateurs techniques, aux compétences multiples (régie, maintenance, pédagogie). Les principaux constats :

  • Polyvalence élevée du référent technique, mais manque de reconnaissance de son métier ;
  • Vieillissement des équipements, besoin d’investissements (régie mobile, mannequins, LMS) ;
  • Nécessité de structurer une fiche de poste type du référent technique ;
  • Réflexion sur la pertinence de créer une formation dédiée, voire une filière spécifique, en s’appuyant sur les dispositifs existants (DU, certificats, formations audiovisuelles).

Les participants ont souligné l’importance de reconnaître les techniciens comme acteurs pédagogiques  à part entière et d’anticiper les besoins logistiques souvent sous-estimés par les formateurs.

Enfin, un axe transversal en cours de développement porte sur le recueil et l’analyse des retours étudiants. Rennes et Le Mans disposent déjà de dispositifs systématiques, tandis qu’Orléans propose une synthèse annuelle. Une harmonisation des pratiques est envisagée.

Cette première journée interrégionale marque une étape essentielle dans la structuration d’un réseau paramédical en simulation à l’échelle HUGO. Plusieurs perspectives ont été identifiées :

  • Poursuite des réflexions sur une formation dédiée aux techniciens  en simulation paramédicale ;
  • Harmonisation des retours étudiants pour appuyer les décisions pédagogiques ;
  • Mutualisation des outils et pratiques, notamment dans les achats et l’ingénierie pédagogique ;
  • Reconnaissance institutionnelle de la simulation comme modalité pédagogique à part entière, pouvant dans certains cas se substituer à d’autres formes d’enseignement.

Cette dynamique collective confirme l’engagement des acteurs du territoire HUGO à faire de la simulation un levier d’innovation, de qualité et de sécurité dans la formation des professionnels de santé.

Ces travaux, déjà bien engagés, seront valorisés lors de la prochaine journée interrégionale organisée par le réseau SimHUGO, qui se tiendra :

Partager

Recevez notre newsletter
dans votre boite mail